Sango blog

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En découvrant la nouvelle carte du monde de Sango, il est possible de ressentir un léger vertige. Le Sud se trouve en haut, le Nord en bas, Madagascar occupe une place stratégique et l’Afrique prend enfin toute son ampleur visuelle.

Cette carte traduit la manière dont Sango regarde le monde depuis Madagascar, avec l’Afrique et l’Océan Indien au cœur des projets de nos client(e)s. Nous accompagnons des acteur(ice)s du changement sociétal sur plusieurs territoires africains et insulaires et nous défendons une communication qui valorise également les dynamiques Sud-Sud plutôt que des récits centrés sur le Nord global.

 

Une carte qui nous représente

Nous avons choisi une carte du monde qui reflète le terrain réel où nos équipes interviennent.

  1. Madagascar se trouve dans la partie haute de la carte.
  2. Plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest, d’Afrique centrale, d’Afrique australe et d’Afrique du Nord occupent la zone centrale.
  3. L’Europe garde une place importante, mais ne domine plus l’ensemble.

Le message principal reste simple : le centre de gravité de Sango se situe dans le Sud global, au plus près des organisations que nous accompagnons.

 

Pourquoi abandonner la projection de Mercator ?

Depuis le XVIe siècle, la projection de Mercator sert de référence pour la navigation et pour une grande partie des atlas scolaires. Elle conserve les directions, mais agrandit les surfaces proches des pôles et réduit fortement les régions situées autour de l’équateur. À titre d’exemple, l’Afrique possède une surface environ quatorze fois supérieure à celle du Groenland, alors que les cartes les montrent souvent de taille comparable.

Des géographes et des cartographess soulignent que cette distorsion nourrit une vision du monde où les pays du Nord global apparaissent plus vastes (donc plus importants), tandis que les territoires du Sud global restent visuellement minimisés.

La campagne panafricaine Correct The Map demande l’abandon progressif de Mercator au profit de projections qui restituent mieux la taille réelle de l’Afrique.

 

Projection Gall Peters : redonner des proportions justes aux continents

La carte Sango utilise la projection de Gall Peters, une projection cylindrique à surface égale. Chaque région conserve une aire proportionnelle à sa surface réelle sur le globe, au prix de formes plus étirées.

Quelques repères essentiels :

  1. James Gall décrit dès le XIXe siècle une projection égale en surface avec des parallèles standards à 45° degrés nord et sud.
  2. Arno Peters reprend ce principe dans les années 1960, diffuse sa carte à partir de 1973 et porte le débat sur les implications politiques des projections.
  3. Les organismes cartographiques rappellent que Gall Peters ne résout pas tous les problèmes de représentation, mais constitue un outil pertinent pour comparer la taille des continents.

Pour Sango, ce choix renforce un point essentiel : rendre visible la véritable ampleur de l’Afrique, souvent réduite sur les planisphères classiques.

 

Mettre le Sud en haut : un geste politique

Notre carte inverse également l’orientation habituelle : le Sud se trouve en haut, le Nord en bas. Cette option déconstruit un réflexe visuel très ancré.

Des recherches en géographie et en psychologie montrent que la convention du Nord en haut ne repose pas sur une règle naturelle. Des cartes anciennes plaçaient parfois l’Est ou le Sud en haut. La généralisation du Nord en haut accompagne surtout l’ascension des puissances européennes et nord-américaines.

Des travaux en sciences cognitives décrivent un biais récurrent : le haut se trouve associé à la valeur, au prestige ou à la richesse, tandis que le bas renvoie à la faiblesse, à la pauvreté ou à ce qui compte moins.

Lorsque les cartes placent systématiquement le Nord au sommet, ce biais se combine avec les rapports de puissance hérités de la colonisation. En adoptant une carte du monde différente, Sango rejoint une tradition artistique et politique plus large. Notre carte dialogue avec cette démarche : le Sud remonte, la périphérie supposée se transforme en point de départ.

 

Une carte alignée avec la communication responsable

Pour Sango, une carte du monde représente un outil de communication responsable, avec plusieurs objectifs :

  1. Assumer un point de départ à Madagascar.
  2. Questionner les biais issus de la colonisation et de la néocolonisation, en particulier ceux qui minimisent la place de l’Afrique dans les imaginaires collectifs.
  3. Donner davantage de visibilité aux initiatives du Sud global, qu’il s’agisse d’ONG, d’entreprises sociales, d’institutions publiques ou de collectifs citoyen(ne)s.
  4. Relier les choix de design à une réflexion plus large sur la justice climatique, l’égalité de genre, les droits humains et la valorisation des récits.

 

Un outil au service des acteur(ice)s du changement

La carte du monde South up en projection Gall Peters peut devenir un support utile pour vos projets.

  1. L’illustration forte de vos rapports d’impact et documents de plaidoyer.
  2. Un point de départ d’ateliers sur les biais cartographiques, la colonisation, la néocolonisation et la justice spatiale.
  3. Un fond visuel pour des conférences sur le climat, les droits, la démocratie ou l’inclusion.
  4. Une ressource pédagogique pour des écoles, universités et centres de formation en Afrique, dans l’Océan Indien et au-delà.

 

Changer de carte pour changer le récit

Pour conclure, en adoptant une carte du monde en projection Gall Peters avec le Sud en haut, Sango assume un choix autant graphique que politique.

Notre équipe choisit de raconter un monde où :

  • L’Afrique retrouve toute son importance,
  • L’Océan Indien forme un espace central de création et d’innovation,
  • Les voix des actrice(eur)s du changement du Sud global influencent directement les imaginaires.

Vous souhaitez intégrer cette carte à vos supports ou concevoir un dispositif autour des représentations du monde et de la communication responsable ? Notre équipe reste disponible pour accompagner votre organisation dans cette démarche.

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Sources

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